Vous retrouverez dans cette page l’index de tous les articles publiés dans le Bulletin de l’ACERAP.

Bulletin n°1:

  • Aliénor Letouzé, p14-31

L’émergence du monde maya : processus de formation d’une identité culturelle méso-américaine dans les Basses Terres du Yucatán.

Le processus d’émergence de la culture maya suscite encore de nombreux débats.
Plusieurs théories ont été développées au cours du XXe siècle, faisant intervenir des phénomènes migratoires, qui ont fait suite à l’hypothèse d’une apparition spontanée, presque miraculeuse. Les explorations de la péninsule du Yucatán, au XIXe siècle, sont à l’origine de cet état de fait, et constituent le fondement des recherches traitant de la formation de la culture maya. Cet article a pour but de définir le parti-pris de ces premières expéditions et, en amont, certains détails de l’histoire de la conquête du Yucatán, qui ont largement influencé les études scientifiques. Cet exposé historio-graphique montre que la compréhension du fonctionnement interne de la civilisation maya et de son rapport à la Méso-Amérique a souvent été faussée. Les incohérences et les inconnues qui subsistent peuvent, au contraire, être révisées en replaçant le monde maya dans son contexte méso-américain, en lien avec les autres populations nahuas, durant l’Horizon olmèque. L’idée développée ici est celle d’un processus d’urbanisation qui intervient entre 1000 av. et 200 ap. J.-C., et qui découle d’un phénomène de métissage culturel entre les Méso-américains et les populations aborigènes mayas sur leur propre territoire.

  • François Gendron, p32-45

Les haches monolithiques emmanchées de l’aire péri-caribéenne : un objet cérémoniel d’origine mésoaméricaine.

Quelques haches sculptées ou taillées dans un unique bloc de pierre, manche et lame attenants, ont été exhumées dans la zone péri-caribéenne (U.S.A, Bahamas, Grandes Antilles, Colombie, Amérique centrale). Nommées « haches monolithiques », ces objets n’existeraient pas en Mésoamérique selon certains auteurs. M’appuyant sur une vaste recherche bibliographique, cet article contredit cette affi rmation et démontre que quelques haches monolithiques ont été découvertes dans la zone maya et dans les ruines aztèques de Mexico-Tenochtitlán. De plus, les données chrono-stratigraphiques s’accordent pour situer leur apparition en Mésoamérique entre 600 et 700 ap. J.-C. Pour valider ma démonstration, j’ai élaboré un instrument descriptif destiné à caractériser les emmanchements des haches mésoaméricaines à partir de recherches sur la culture matérielle des Papous d’Irian Jaya. Cet outil permet de caractériser deux styles propres de haches monolithiques mésoaméricaines. L’aspect symbolique des offrandes contenant des haches monolithiques est ensuite étudié, car l’une d’elles a été découverte en relation avec le monolithe de Mayahuel, la déesse lunaire et du pulque des Aztèques. L’exploitation de cette piste des déesses lunaires met en évidence des liens avec Ix Chel, la jeune déesse de la Lune croissante des Mayas.

  • Franck Garcia, p46-55

L’iconographie anthropomorphe du style chimú, côte nord du Pérou : essai de reconstruction cosmologique.

L’iconographie de style Chimú, souvent isolée d’autres productions comme celle des Mochica, est un témoin important de la dynamique culturelle qui a affecté la côte nord du Pérou entre le Xe et le milieu du XVe siècle. Éparpillée et fragmentaire, elle est une des modalités d’expression des populations préhispaniques, et forme les restes d’une conception originale du monde. Cet article, qui se concentre sur les représentations anthropomorphes, est issu d’une étude plus large fondée sur une analyse statistique des images dites chimú de trois collections de musées : le Musée du Quai Branly à Paris, le Museo Larco de Lima et le Metropolitan Museum de New York. Les résultats obtenus dans le cas des images anthropomorphes mettent en avant l’existence de plusieurs personnages récurrents, l’un portant une coiffe en demi-lune, et l’autre étant exclusivement lié à l’environnement marin. Ces informations indépendantes et purement quantitatives répondent assez logiquement aux descriptions faites par le chroniqueur augustin Antonio de la Calancha en 1639 sur les croyances des populations chimú, en l’occurrence sur la Lune et la Mer. Les relations directes et indirectes qu’entretiennent ces images nous amènent à proposer de nouvelles voies de réflexion dans la reconstruction d’une cosmologie de la côte nord péruvienne.

  • Estelle Laloy-Prestini, p56-64

Les pérennités indigènes de la Nouvelle-Galice à la fin du XVIIIe siècle, à travers des sources épiscopales de l’Archivo General de Indias.

L’analyse de sources épiscopales, comprenant le recensement de l’évêché de Guadalajara en 1760 et les visites de trois paroisses situées entre la côte Pacifi que et le massif du Nayarit et datées de 1802, permet de mettre en lumière les permanences et les bouleversements subis par le monde indigène sur le territoire de la Nouvelle-Galice. S’y opposent un nord en plein essor économique autour de villes espagnoles et de centres miniers, où les communautés indigènes sont en recul, et les terres du Pacifi que et du Sud caractérisées par le maintien de survivances préhispaniques, à travers l’organisation territoriale, la toponymie et la permanence d’une population majoritairement indigène. Les trois visites révèlent des communautés autochtones organisées, soucieuses de leur identité et de leur autonomie.

  • Paloma Vargas Montes, p66-68

Compte-rendu de lecture.

La religión mexica de Rafael Tena: Un punto de partida para la comprensión de las fuentes primarias.

Bulletin n°2:

  • Jorge Gamboa Velásquez, p16-29

Gamboa 2017

Identificación de una estólica prehispánica del Museo de Caraz, Ancash, Perú.

Cette contribution décrit et analyse un propulseur préhispanique qui n’apparaît, jusqu’ici, dans aucune publication dédiée à ce type d’artefacts des Andes centrales. Le propulseur, conservé au musée municipal de Caraz, dans la Sierra de Ancash, a été taillé dans du bois dur, et semble être un objet parfaitement fonctionnel. La comparaison avec des armes similaires identifiées sur plusieurs sites péruviens a permis de comprendre que le propulseur de Caraz appartenait à l’une des sociétés régionales qui se sont développées entre la période Intermédiaire ancien (100-650 ap. J.-C.) et la période Intermédiaire tardif (1000-1450 ap. J.-C.). Cette étude porte également un nouveau regard sur la variabilité des armes de chasse et de guerre des populations des Andes centrales. En outre, il a été possible de classer le propulseur de Caraz, avec sa partie aplanie et sa perforation circulaire usée de préhension, à un type morphologique présent dans plusieurs sociétés préhispaniques, réparties entre Lambayeque et la côte centrale péruvienne. L’analyse de cet objet lié à la chasse et à la guerre fait partie d’une recherche plus vaste de l’auteur dédiée aux propulseurs des Andes centrales et visant à comprendre la relation entre cette classe d’objets et les activités et positions sociales de leurs utilisateurs.

  • Alexia Moretti, p30-51

Moretti 2017

Las escenas de carácter ceremonial: Un estudio iconográfico de vasijas cerámicas recuay.

La tradition recuay s’est développée dans la Sierra nord centrale du Pérou entre 100 et 700 a.p. J.-C. environ. Elle se distingue par sa production céramique et plus particulièrement par son répertoire technologique, morphologique et iconographique qui en fait l’une des plus complexes et singulières des Andes préhispaniques. Cet article documente une partie des résultats du mémoire de master de l’auteur, fondé sur un corpus de 877 vases céramiques recuay qui a permis d’en analyser en détail l’iconographie. L’étude présentée ci-après s’interroge particulièrement sur la signification des scènes à caractère cérémoniel recuay. Celles-ci s’organisent généralement sur la partie supérieure tronquée des vases où apparaissent plusieurs personnages anthropomorphes et zoomorphes. Certaines représentations dévoilent de véritables scènes de sacrifice et d’union sexuelle, d’autres mettent en avant une figure masculine centrale accompagnée de plusieurs personnages féminins. 90% de ces scènes apparaissent sur des vases verseurs appelés paccha. D’ailleurs, l’iconographie semble dévoiler des rites étroitement liés à la forme même de ce type de vase. Ainsi, au travers de ces représentations mais également grâce à certaines données archéologiques et ethno-historiques connues, il sera possible de mettre en lumière les différentes pratiques cérémonielles recuay.

  • David Barreiro, p52-69

Barreiro 2017

L’Inca en Amazonie : étude des velléités expansionnistes incas dans les Basses Terres amazoniennes du Pérou méridional et de la Bolivie septentrionale à travers les sources ethno-historiques.

L’issue malheureuse de bon nombre d’entradas en Amazonie réalisées par les conquérants espagnols a contribué à forger le mythe d’une Amazonie interdite et impénétrable. Cette vision, empreinte à la fois de crainte et d’ignorance, a entrainé un désintérêt des archéologues pour la région qui persiste de nos jours, comme en atteste la rareté des fouilles entreprises sur le territoire amazonien bordant les Andes. Ce désintérêt s’explique également par le caractère lacunaire des informations fournies par les chroniques espagnoles, bien que celles-ci ne soient pas muettes quant à la question de l’Amazonie. Cet article propose ainsi d’analyser les différentes sources ethno-historiques mentionnant une tentative de conquête inca de l’espace amazonien du Pérou méridional, constitué des territoires amazoniens proches de Cuzco, et du lointain Orient amazonien, qui comprend les territoires situés dans la partie orientale du département actuel de Madre de Dios (Pérou) et dans les départements de Pando et de Béni au nord de l’actuelle Bolivie. Cette analyse a pour objectif de déterminer dans quelle mesure doit être envisagée la possibilité d’une présence inca en Amazonie et les circonstances qui ont pu mener les Incas dans les basses terres amazoniennes.

  • Krzysztof Sakowicz, p70-77

Sakowicz 2017

Transmission du pouvoir dans le Mexique préhispanique : étude critique des modalités de succession en Méso-Amérique dans les sources ethno-historiques.

Les sources ethno-historiques nous renseignent sur plusieurs modes de transmission de pouvoir qu’auraient connus les populations de l’ancien Mexique. Notre article, centré sur la période aztèque, se propose de passer en revue ses différentes modalités, et d’analyser leur pertinence par rapport à la société amérindienne. Il s’agit de montrer qu’au lieu de refléter uniquement des différences spatiales et temporelles, comme cela est communément admis, cette diversité résulte plutôt des manipulations coloniales du passé préhispanique, cachant très probablement les véritables procédés d’accession à la charge de tlatoani.

 

 

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